Infertilité

La communauté des infertiles

Les personnes qui ont dû renoncer à la parentalité sont discrètes mais plus nombreuses qu’on pourrait le penser à première vue. Si une chose m’a aidée à relever la tête et aller de l’avant, c’est bien de trouver dans les méandres de l’Internet des sœurs qui traversaient les mêmes épreuves et avaient développé la même sensibilité que moi. J’ai trouvé dans leurs expériences et leurs pensées de l’inspiration, des modèles. J’ai senti le réconfort de n’être pas toute seule, la solidité des ponts jetés entre les continents, la force et la solidarité du groupe, cette fameuse « Silent Sorority » (« Sororité silencieuse ») dont parle Pamela Mahoney Tsigdinos. Quand je découvre par hasard qu’une personnalité fait partie de ma « tribu », je me sens à la fois émue et plus forte. Comme quand j'ai découvert La Grande Sophie qui a composé la chanson « Tu ne viendras peut-être jamais ».

Si les gens qui ont dû renoncer à avoir des enfants sont si peu entendus, c’est, me semble-t-il, que les personnes qui ont fait le choix de ne pas en avoir sont si visibles. Elles ont fait un choix et l’assument, même si elles doivent souvent se battre pour se faire accepter. Quand elles commencent leur voyage tout au moins, la majorité des personnes infertiles subissent leur situation et n’ont pas envie de communiquer sur certains aspects de leur vie qui touche à ce qu’elles ont de plus intime.

Je me suis fait la réflexion récemment que, si une telle chose existait, j’aborderais un signe distinctif qui me permette de proclamer mon appartenance à cette communauté et de faire corps avec elle. Je commence à comprendre pourquoi certaines minorités font de même : c’est peut-être plus un signe d’appartenance que de rejet de l’autre. J’ai découvert peu après que Pamela en parlait aussi dans un article où elle évoque un tatouage qui permettrait de nous reconnaître entre nous et d’éviter la question maudite : « Avez-vous des enfants ? ».

Depuis que j’ai commencé à bloguer, je me sens d’autant plus partie intégrante de cette communauté. J’ai été très touchée que Klara et Mali mentionnent mon blog dans les leurs. Même s’il existe beaucoup d’endroits où les personnes restées sans enfant contre leur volonté peuvent s’exprimer, je pense que l’empathie et la compréhension pour cette partie de la population n’est pas encore la règle dans une grande partie de la société. En témoignent les réactions violentes que peuvent inspirer la publication de témoignages sur l’infertilité. Si j'ai décidé de bloguer, c'est parce que je veux tenter d'aider à lutter contre cette ignorance qui entraîne tellement de souffrances. Pourquoi ne pourrait-on pas essayer d'accepter les gens pour ce qu'ils sont sans tenter de les juger ?

Je liste ci-dessous certains sites qui m'ont inspirée. Lire l’anglais est un atout incontestable… la rareté des blogs en français sur la vie sans enfant après l'échec de la médicalisation m’a motivée à écrire dans cette langue. Je serais heureuse de découvrir que j’en ai oublié si vous voulez les mentionner dans un commentaire. DeepL est une grande aide pour traduire les pages en anglais ou en allemand.

En anglais : Les pionnières

Jody Day : Gateway Women
Pamela Mahoney Tsigdinos : Silent sorority
Lesley Pyne
Lisa Manterfield : Life Without Baby

Sites et blogs en français

Catherine-Emmanuelle Delisle : Femme Sans Enfant
Artemise aura tout essayé ou presque
Je ne serai pas maman
Chapi Chapo : Le berceau vide
Les tribulations de Mamzelle fleur

Blogs en anglais

Klara : The Next 15000 days
Mali : No Kidding in NZ
Loribeth : The Road Less Travelled
Phoenix : Infertile Phoenix
Bamberlamb : It’s inconceivable
Bent Not Broken
Different Shores
Jess : My Path to Mommyhood
Sue Fagalde Lick : Childless by marriage
Sarah Chamberlin : Infertility Honesty
Brandi Lytle : Not So Mommy
Lindsay Mader
Sandy: The Childless Life

Initiatives et témoignages en anglais

Walk In Our Shoes
The Not Mom
The Emtpy Cradle
The Non Parents
Childless Not By Choice
Site du chercheur Robin Hadley

Blogs en allemand

Elaine ohne Kind
Helge (rare témoignage d'un homme) : Vaterwunsch

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Léa

Ce que j'aime : la musique et le chant, les livres, les langues et les voyages, la montagne et plus généralement la nature, sans oublier les après-midis passés à cuisiner en écoutant la radio.

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